La rose d’Alger

O moi! Qui est moi? En vérité, je suis perdu dans l’ivresse.
Faites retentir la douceur des musiques
[et peut-être qu’alors je saurai.[1]

Fatigué d’errer à travers les siècles, j’entrai dans un jardin andalou sans trouver le repos; bientôt j’allai à la dérive dans ses allées d’orangers et de cyprès s’étendant à l’infini, je marchai dans ses patios tranquilles, entre les fontaines et les azulejos, respirant les senteurs d’ambre et de jasmin…J’ignore combien de temps j’errai ainsi lorsque j’entendis un air familier s’élevant du fond de lointaines vallées

Sensations vivides imprimées sur la face cachée de ma mémoire
les sons pourpres et profonds de la Terre

Une pensée verticale
un visage dans un miroir
brisé en fragments infinis
un million d’étoiles

Cependant que le crépuscule tombait sur le jardin oublié
je vis une ombre
une figure familière
qui passa près de moi
elle s’arrêta un bref instant
et se retourna
c’était moi, jeune,
et souriant

Le premier baiser de l’être aimé
un colibri
chantant dans la vallée des roses

Les labyrinthes de la Casbah
le regard
et les yeux soulignés de khôl, le bruissement du voile
le goût du Cinsault
cerises rouges, vanille,
musc

Présence de l’absence
éloignement
les concepts, les impressions
prenant forme lentement

Je vis
je bus
je fus

la Rose

[1] Vers d’Abou Madyan in: Dib, M., Tlemcen ou les lieux d’écriture.

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